Vos textes de l’atelier d’écriture 9

Nous avons reçu deux textes. Le premier de Licas, en seconde, évoque la dilatation du temps, une agonie qui mêle éléments visuels et sonores. 

Le dernier silence
Comme le bon fruit perdu, déchu de ses feuilles maternelles, je ressens soudainement la vive impression d’avoir mûrit plus vite que quiconque, cette vie qui a toujours semblé être un film, s’allongeant à la vitesse des ondes, apercevant aujourd’hui la dernière image de cette pellicule sans fin.
L’enfant qui trouvait sa galaxie trop vaste, pourquoi demeure-t-il dans un espace et un temps différent ?
Si c’est de cette triste façon, que mon destin doit inévitablement s’effondrer, alors voici ma dernière lettre : des mots seulement composés d’encre, s’évaporant dès qu’elle quitte mon crayon. Mon cœur ne bat plus aux grands rythmes de l’harmonie, laissant place à cet éternel silence profond et indécis. Est-ce mon esprit qui est en train de perdre son âme ? Ou est-ce mon âme qui se perd dans ses drames ? Chaque court instant s’étend à l’infini, confrontant mon reflet tremblant et mon ombre affermie, me jetant dans les profondeurs de mon âme, en étant incapable de ressentir la moindre larme. Enfermé dans ce silence horrible, je pousse vainement un cri inaudible, mais aucune once de
lumière ne brille à travers ce vide spacieux, seul mon écho sans réponse t’appelle de son désespoir silencieux. Écrivant les commandements des croyances et régnant sur les providences de l’univers, tu es l’ombre inconnue au sein des acclamations qui vagabondent au centre du désert.
Je m’effondre, seul et muet, le moi du passé est en train de brûler. Je veux ressentir une dernière fois ma douleur s’en aller. Ce long début n’attendait que sa fin, ne pouvant échapper à son tragique destin.
Licas, 7 juin 2020

Le second, dont l’auteur souhaite rester anonyme, est un court poème dans lequel on entend battre un cœur…

Mélodie du silence 
Quelle est cette mélodie qui me fait vibrer ?
C’est ce silence que j’ai toujours redouté.
Depuis, plus aucun bruit ne voyage dans les airs,
Les sons de l’océan deviennent un mystère.
Seuls les battements frénétiques de mon cœur
Partagent le long silence de ma douleur.
Mon corps ne bat plus de cette musicalité :
J’ai la sensation que le temps s’est arrêté.

 

Illustration : René Magritte, La grande famille

 

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