Atelier d’écriture 9 : dans le silence…

Nous avons reçu deux textes pour l’atelier 8 « A poils ou à plumes ».

Le premier, dont l’auteur souhaite pour l’instant rester anonyme, par manque de confiance,  invente un animal imaginaire la « Balien ». Un beau poème, très visuel, habité par les double-sens. 

Le chant perdu de la bAlien

Perdue dans les profondeurs du vaste océan,
Une baleine seule pleure son vivant.
Le fait est qu’importe combien elle pleurera,
Aucune de ses congénères ne l’entendra.
De cette peine elle accepte son silence :
Rendant interminable son existence.
Depuis que la Solitude est à ses côtés
La voilà complètement seule et délaissée.
Certains disent: « Qu’importe ? Elle est populaire ! »
Rendant apparent son spectre solitaire.
Puis ces paroles ont érigé un rempart
Aux hurlement de cette baleine rare.
Prisonnière de ces barreaux infrangibles
En suffoquant du manque d’air comestible,
Elle s’efforce de rejoindre la surface :
Elle chante, pleure et hurle mais s’en lasse,
En cheminant vers l’avant sans aucun projet.
Seule, cette île perdue, pourra-t-elle briller ?
Tel un enfant seul au milieu de l’océan,
Elle aimerait qu’on la regarde dignement.
Sa grande souffrance semble comme l’huile et l’eau :
Qu’on ne peut mélanger, aux rêves les plus beaux.
Ce n’est que lorsqu’elle, pour monter, déploie ses ailes,
Que l’on s’intéresse étrangement à elle.
Pourquoi l’issue de son enfer est-t-il si lent ?
Au sein de cette abysse glaciale, c’est le néant.
Elle voudrait revenir sur cette partition
Qu’elle ne fait que bourdonner à répétition.
Elle voulait obtenir un endroit chaleureux,
Et toujours suivre son profond rêve ambitieux,
En éclosant une fleur qui ne peut pousser
D’un rêve qui ne peut être réalité.
Un larmoyant appel de détresse sans fin
Qui finira par être entendu un matin.
Sur son front déterminé, la pluie s’abattait ;
Et pourtant, son désespoir s’est barricadé !
Peut-être à l’autre bout, du très vaste monde,
Quelques baleines aveugles entendront ses ondes !
On lui avait dit de faire porter sa voix
Aussi loin qu’elle pourra, mais que faire depuis là ?
Il fait sombre ici, l’obscurité prend ses droits.
Les autres baleines ne la comprennent pas.
Elle s’endort froidement, pas vraiment sereine,
Mais elle rêve et espère telle une baleine.
Bientôt, les futurs compliments qu’elle recevra
Seront la bouée vers laquelle elle nagera.
En nageant vers son grand avenir incertain,
Elle ne différencie plus le mal et le bien.
Elle croit en ses hertz, et en cet océan bleu,
Et son espoir est aussi solide qu’un nœud.
Car même si ses proches ne s’en doutent pas,
Aujourd’hui encore, pour eux, elle chantera.

Le second de notre mystérieux écrivain anonyme qui n’est toujours pas démasqué… 

Le cauchemar :

Je ne sais plus si je dors ou si je suis éveillé. Je déambule dans ce studio, vide. Seul, le pâle clair de Lune filtre par la seule fenêtre. Soudain, je sens un mouvement. Là. Tout proche. J’ai peur. Je cours, je trébuche, je tombe.  Ça s’approche de moi. C’est humide, désagréable. La démarche se fait de plus en plus nette, c’est là. Je sens son poids sur mon buste, mon souffle s’accélère, mon cœur cogne contre ma poitrine. La mort est imminente, la gueule s’ouvre, et une langue toute mouillée me lèche en me couvrant d’une salive visqueuse du menton jusqu’au sommet du front. Alors je me relève, et prend mon chat dans mes bras. Il m’a sorti de ce terrible cauchemar !

Inspirée par un texte de Georges Duhamel « Inventaire de mon silence », la piste d’écriture de cette semaine vous propose de répondre à la question suivante que vous aborderez à votre façon : liste, exploration intérieure désorganisée, fragments, poème… 

Quels bruits habitent votre silence ? 

 

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