Tristan, inspiré par Joyce et Hopper

Mme Hougron a demandé à ses élèves de 1ère 3 de s’approprier le monologue de Molly Bloom de Joyce pour écrire leur propre monologue en partant de deux tableaux imposés, au choix. Tristan s’est laissé (bien) inspirer par  « Morning sun » de Hopper, pour écrire son monologue qui devait évoquer le désenchantement du personnage. Super réussi !

(…) Je l’ai poussé seule à mon réveil le rideau ce matin-là de printemps saison où les violettes s’épanouissent là muettes à la chaleur du Soleil les flocons fondaient sur le sol réchauffé par la lumière tamisée et cette étoile m’accueillait à l’aurore qui s’allumait là dans le ciel comme à l’hôtel de Portofino tu t’en es peut-être souvenu là où je t’avais rencontré en bas dans le quartier là au milieu des pins des oliviers et là plus bas encore le marché rempli de fruits et d’épices les odeurs enivrantes qu’il y avait comme celle du bleuet que tu as acheté ce jour-là avec sa couleur azur pareille à l’étendue de l’horizon du vieux port là la brise porteuse amplifiait les voiles des bateaux descendant au large et je les contemplais tu les admirais toi mes cheveux tu disais en aimer le parfum marin là je pensais qu’à partir et tu le fis tout d’abord à notre croisière le faible balancement des vagues nous faisait danser là tu en as profité nous nous sommes embrassés et ce goût ah ce goût-là tu t’en es probablement souvenu celui de cette boisson que nous avions partagée là sur la terrasse le serveur sa serviette sur l’avant-bras impeccable nous observait nous épiait même et je pensais qu’il concevait à tort que c’était pour cet instant-là la bague maladroitement dissimulée que tu gardais avidement dans ta poche et la musique entrainante nous empêchait de dormir pareille à cette soirée là avec toi, moi, François, Benoit, Nicole, Thierry, Mathilde, ma mère elle disait que tout là se complique tout est éphémère mais pourtant toi tu étais bien là toi comme cette fois à Modène lors de notre longue promenade au crépuscule tu t’en es sûrement souvenu la fraicheur des pavées sur lesquels nous marchions là près du sentier difficile la terre entravait nos pas nous enfonçait moi et toi tu as cueilli cette colchique et le vent soufflait les feuilles tannées  autour de moi tremblaient là ce jour de tempête tu t’en es certainement souvenu là ce jour où les chrysanthèmes se sont fanées les pétales fragiles se sont envolées et elle m’avait pourtant prévenu tes fleurs sont devenues mes pleurs et là ce matin-là à mon réveil en poussant le rideau tu étais plus là. Tristan. 1ère 3

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