Portrait d’un ancien élève, vaillant poilu de 1914, par Quentin.

Au colloque UCAPE de novembre 2018, autour du centenaire de la guerre 1914-1918, Quentin, notre apprenti historien de 1ère L, faisait partie de la délégation Saint-Vincent. Il nous a fait parvenir le condensé de son portrait de Roger Marie Couturier.

Roger Couturier (1897-1915)

Roger Marie Couturier naquit le 15 octobre 1897, à Paris, dans le 16 arrondissement, quartier de Passy, 83 rue de la tour. Il y resta toute son enfance. Issu d’une famille aisée, Roger Couturier entre au collège des pères Maristes dès l’âge de huit ans. D’après sa mère Geneviève Couturier, il est « d’une grande timidité, d’une extrême sensibilité » mais il est aussi solitaire et a une santé fragile. Roger couturier avait déjà une aspiration militaire dans son enfance. Entre 1907 et 1909 il part pour la campagne à cause de son état de santé fragile et continue d’étudier au sein du collège mariste de Saint-Vincent à Senlis où il obtient ses premières récompenses d’écolier. Par la suite, Roger Couturier retourne à Paris et obtient en 1913 son diplôme de bachelier es-lettres et en 1914 celui es-sciences à l’âge de 17 ans. Le premier août 1914 c’est la déclaration de la guerre. Dans son journal, il décrit les premiers mois de la guerre avec l’assassinat de Jean Jaurès le 31 Juillet 1914. Il décrit aussi son contentement après la victoire française de la bataille de la Marne (septembre 1914) et déclare son enthousiasme. Roger Couturier est guidé par sa profonde foi religieuse et il est poussé par le vent du patriotisme, voulant chercher le sacerdoce et mourir pour la France. Il dira cela dans son journal « mourir pour la France, ce n’est pas mourir, c’est se continuer ». Le 29 décembre, il passe le conseil de révision et choisit comme arme l’infanterie car c’est pour lui « l’arme des héros ». Il entre donc dans le 36 régiment d’infanterie du Calvados puis va rejoindre sa caserne le 10 janvier 1915 en tant qu’engagé militaire. Après avoir fait sa formation militaire, il rejoint le front le 20 mai 1915. Cette vie militaire l’a métamorphosé ; il est devenu plus viril, plus énergique, tout ce qu’il voulait c’était donner son sang, pour sa mère patrie. Une fois rendu au front, il commence à changer de point de vue, il déteste cette guerre de position, la critique « Oh ! la laide guerre où l’on se terre, où l’on se cache ! ». Son régiment participe à la 2nd Bataille d’Artois (mai-juin 1915) et prend le village de Neuville Saint-Vaast (nord de la France), les pertes sont nombreuses. Après être soigné de quelques blessures légères, il retourne au front et le 21 juillet 1915 au soir, il est en première ligne dans le village de Neuville-Saint-Vaast. Il reçoit des éclats d’une grenade allemande lancée dans la tranchée et est évacué d’urgence via l’ambulance chirurgicale de Hautes-Avesnes, dans un hôpital de campagne militaire où il est opéré à l’abdomen. Mais hélas, après une longue agonie il meurt le 23 juillet 1915 à l’âge de 17 ans et demi et prononce ces dernières paroles : « Que mon sang serve à la victoire de la France ». Il recevra à titre posthume la médaille militaire, croix de guerre le 3 Août 1915 avec pour citation « soldat plein de courage ». La sépulture de ce jeune combattant est située dans le cimetière de Passy à Paris. Son nom figure parmi les 547 écrivains qui, de par leurs écrits sont les « représentants de la pensée Française morts pour la patrie ». En 1915, sa mère fera publier le journal et les lettres que son fils lui envoyait. Roger Couturier fut plus qu’un adolescent, il fut un homme. Un homme de pensée qui aime sa patrie, sa religion et voulait mourir pour la France. L’histoire de ce jeune soldat reste pour nous, jeunes d’aujourd’hui, une trace indélébile du courage de cet esprit ancré dans l’âme de l’histoire de la première guerre mondiale. Le nom de ce jeune soldat figure parmi tous les noms que nous voyons chaque jour, en passant dans le passage du cloitre au sein de notre lycée et qui sont inscrit dans la pierre, symbole de l’immortalité de leurs sacrifices qui sera à jamais gravé dans les rouages du temps.

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