L’atelier d’écriture sur le front 14-18

Ce jeudi 8 novembre, l’atelier d’écriture du jeudi commémorait le centenaire de la première guerre mondiale. A partir de la bande dessinée « Rouge Festin » présentée dans l’exposition « Cicatrices de guerre », au CDi jusqu’au 15 novembre, il s’agissait d’écrire un texte qui, progressivement, se sature de rouge. Voici trois textes d’élèves écrits en une vingtaine de minutes. L’occasion de montrer la diversité des plumes ! L’atelier est ouvert à tous, tous les jeudis, au CDI, de 13h à 13h40, avec Mme Monnier et Mr Svatos.

Tout est calme sur le front. Le soir approche tout comme notre ration du soir. Un coucher de soleil couleur vermeil nous illumine. Les lettres et les colis arrivent ! C’est ma femme, j’en suis sûr. La cire rouge qui cachète l’enveloppe est déjà descellée, comme toujours. Savoir que des inconnus lisent mes lettres me fait voir rouge. Ca y est je m’enflamme, cette fois je ne me retiens plus, je vais parler au commandant. Un bruit de toux sanglante, je me retourne… C’est Gérard, mon compagnon d’arme. Depuis quelques jours il est malade, mais il refuse d’aller voir l’infirmière car les blessés saignent de partout ! Les tenues des infirmières, autrefois blanches, sont maintenant recouvertes de sang. Et je vois Gérard, un sourire ensanglanté aux lèvres, me dire : « Cette fois, c’est vraiment la fin ! ». Il meurt. Une fusillade allemande commence, je me jette hors de la tranchée, tout explose autour de moi, je ne vois plus rien. Que se passe-t-il ? Une couleur pourpre envahit mes yeux. Je, je… Ho, une rose rouge maman, je peux la cueillir ? Marie-Alix, seconde.

Tout est calme sur le front… Tout est calme ? Non ! Pourquoi m’imposer cela ? Pourquoi écrire cela ? Honnêtement, je ne vais pas vous mentir, non, je n’ai pas d’idées ! Je ne sais pas quoi écrire ! J’aimerais pouvoir vous dire, vous conter en ce moment l’histoire d’un soldat, mais je ne le peux pas ! J’aimerais rendre hommage à ces milliers d’hommes morts sur le front… Tiens, d’ailleurs on a eu cours dessus ce matin ! J’ai beau feuilleter les planches posées sur la table devant moi, je n’y arrive pas. Je me doute bien que vous devez vous demander ce que je suis en train de faire, et vous pouvez même m’en blâmer, je l’assume, mais au moins, reconnaissez que je n’ai pas laissé la page blanche ! Ces dessins, ce front, ce rouge, pour moi, cela évoque autre chose de plus profond, de moins historique… Une métaphore peut-être. Une métaphore… Oui. Les traits sombres, et s’ils représentaient le quotidien, la routine, ma routine. Et si ces couleurs sombres évoquaient mon quotidien ? Et le rouge alors ? Le rouge représente-t-il la colère, la tristesse, le sang ? Me rappelle-t-il ces éclats d’humeur que j’ai parfois ? Non, là je parle trop de moi… Mais… Et si ? Et si ? Et si le front c’était moi et le rouge la couleur de mes idées ? Alexandra 1ère

Tout est calme sur le front, ma Paulette, le Jean écrit à sa femme et aux gosses. Moi, je suis là, les bottes qui baignent dans la boue. Il fait froid, ça aide à rester éveillé parce qu’avec les récents assauts, je peux te dire qu’on n’a pas fermé l’œil. Quand j’ferme les yeux, je te vois toi. Tes cheveux roux, presque rouges, ils flottent dans le vent un peu chaud. T’es là, au milieu du champ de la tante Jeanne. Le soleil, il va dormir, rouge comme le nez au vieux Franck quand il a passé la nuit au comptoir. Y’a des petites fleurs un peu rougeâtres. Tu sais ma Paulette, si j’étais pas là à crever de faim, je t’en cueillerais plein de petites fleurs. Tu portes ta jolie robe vermeil, celle avec le tissu pas très solide, celle que tu portes pour les anniversaires parce que tu as peur qu’elle soit toute abîmée. Sur ton p’tit nez, il y a une coccinelle. Elle est posée là, elle attend, elle a pas peur celle-là. Elle colore ton visage tout pâle, tout malade, avec sa couleur vive. Ma petite Paulette ; tu ressembles à la fille du tableau dans le salon de la vieille Henriette, celui au dessus des flammes rouges. Il est beau ce tableau. La petite, elle a l’air heureuse dessus, ses joues sont un peu rouges mais pas trop. J’attends encore que mon général me permette de venir te voir. Attends-moi sagement. Louis. Clara 1ère

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s