Carnet d’art de Yaël D (1ère L) : le pavillon russe à la Biennale de Venise

Du 6 au 11 novembre 2017, les 1ère L sont allés à Venise. Yaël D nous raconte le pavillon russe.

Tous les ans à Venise se déroule la phénoménale Biennale d’art, dont les événements se retrouvent dans deux lieux de la ville : l’Arsenal et les Giardini ou sont exposés chaque année les Pavillons Nationaux.

Le Pavillon Russe des Giardini est situé à une centaine de mètres de l’entrée, dans la grande avenue juste en face. Il est facilement reconnaissable Grace à son architecture traditionnelle qui peut rappeler celle des grand Temples et Cathédrales de Moscou. Sur sa grande façade rose/beige est inscrit en relief blanc « RUSSIA » et en bleu le nom de l’exposition est en écriture latine «  THEATRVM  ORBIS MMXVII ».

Cette année 2017, c’est Semyon Mikhailovsky qui est commissaire du pavillon et qui nous propose l’exposition « Theatrum Orbis » composé des œuvres de quatre artistes Russes : Grisha Bruskin, Sasha Pirogova et le duo Recycle Group avec Andrey Blokhin et Georgy Kuznetsov.

L’exposition est constituée de trois grandes œuvres :

L’œuvre « Scène change » de Bruskin est la première que l’on découvre en entrant dans le pavillon : traversant le premier couloir, plongé dans le noir, nous découvrons, face à nous, un grand plateau composé de centaines de sculptures d’hommes miniatures, les bras levés, qui supportent une grande figure ailée, à l’apparence volatile, avec deux têtes d’oiseau plumées qui regardent de chaque côté et dont l’abdomen est composé d’un drôle d’engrenage.

L’œuvre se poursuit dans une autre salle, à droite du pavillon. Il faut traverser un petit dôme pour atteindre l’autre pièce, qui laisse, elle, bien moins d’espace de passage et qui présente aussi un plateau blanc, cette fois presque à hauteur du sol, sur lequel s’amassent différents groupements de sculptures. On y reconnaît des monuments, des foules militaires, des lieux de cultes en miniatures ou en bien plus grand, ainsi que des avions de guerre, suspendus au-dessus de la scène par des fils de nylon.

Pour continuer la visite, il faut retourner dans le dôme que nous venons de traverser et où se trouve, à mon goût, la partie la plus impressionnante de l’œuvre. Tout le long du mur, à intervalle régulier, sont disposés, sur des socles, à hauteur de poitrine, de multiples sculptures, assez volumineuses, qui pourraient représenter des sortes d’idoles. L’idée du mécanisme, de l’engrenage à travers le vivant est très présente dans ces sculptures. Et c’est là que la magie commence : la pièce n’est que faiblement éclairée par des lumières artificielles et baigne dans une musique oppressante. Soudain, sur le mur, commencent à s’animer des dizaines de figures semblables qui parcourent la pièce ainsi que le grand oiseau de la première sculpture, des soldats piégés dans des cages, des armes, des avions, un grand bonhomme difforme qui marche comme un automate, des éclairs lumineux qui vont dans tous les sens, tout cela accompagné d’une musique qui s’accélère, du son des coups de feu, des explosions, des voix incompréhensibles qui se parlent comme par talkie-walkie… Puis le spectacle se calme, le projecteur cesse son capharnaüm et revient souligner les ombres des sculptures éparpillées dans la pièce.                                  Tout ce travail audio-visuel est le fruit de la collaboration de l’artiste avec trois compositeurs: Dmitri Kourlyandski, Piotr Aïda et Konstantin Doudakov-Kashuro.      Par cette œuvre impressionnante, Grisha Bruskin  présente une métaphore du nouvel ordre mondial où la violence, la terreur, le contrôle permanent imprègnent la vie des contemporains.

Pour découvrir la deuxième œuvre, il faut s’aventurer un peu plus bas, par un escalier en colimaçon présent au centre du dôme. Le sous-sol est composé d’une pièce circulaire tout blanche avec un plafond très bas. Le mur n’est pas plat, loin de là : des rebords géométriques irréguliers ressortent ainsi que des morceaux de corps humains figés dans la pierre. A côté de chaque personnage est présent une sorte de code-barres et une étiquette d’information sur l’âge, le sexe, l’intensité de l’activité et la raison du blocage de la victime. Grace à une application mobile, on peut observer en réalité augmenté les parties immergés des corps. Dans leur œuvre « Blocked Content », le duo plasticien Recycle Group décrit l’enfer d’une, potentiellement future, société numérique qui appréhenderait ses criminels/hackers en les figeant dans le vide, s’inspirant du 9e cercle de l’Enfer de Dante (La Divine Comédie).

Ayant fait le tour du sous-sol, nous rejoignons la sortie. Mais juste avant de franchir la porte, sur la droite, cachée derrière un grand rideau noir, se trouve la dernière salle, plongé dans la pénombre, dans laquelle passe un film. On y voit des comédiens, dansant ensemble, se rétractant sur des sortes de tapis de plume…. Sasha Piragova joue dans sa vidéo sur les gestes et les modulations de lumière et d’ombre, représentation de la vie et de la mort, qui ici ne sont pas en opposition mais se complètent. L’artiste nous donne son point de vue sur la vie, la mort, l’éternité et la renaissance.

La visite se termine donc sur une touche d’espoir après un passage dans un univers très dénonciateur et pessimiste où l’idée de la vie et de la mort est constante.

Article et photos par Yaël Deswarte 1ère L.

 

 

 

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