L’art de la fugue versus André Gide, par Amélie et Camille, TL.

Mr Bernard, professeur de musique, a donné un cours sur l’art de la fugue aux terminales L, ce 17 novembre. Le cours était destiné à expliciter le parallèle entre Les Faux Monnayeurs de Gide et l’Art de la fugue, suite à l’expression d’Édouard, héros du livre : « Ce que je voudrais faire c’est quelque chose qui serait comme l’art de la fugue !»

L’heure a donc été consacrée à l’art de la fugue de Jean Sébastien Bach. Pour monsieur Bernard c’est une œuvre « aussi difficile que complexe à comprendre ». En allemand « die Kunst der Fugue », composée de 12 fugues et 2 canons, sera l’ultime œuvre achevée du musicien, écrite de 1742 jusqu’à sa mort en 1750. Son écriture clôt le genre de la fugue et le laisse à son apogée. Mais qu’est-ce que la fugue ?

L’Art de la fugue repose avant tout sur une idée. Cette mélodie courte, un « sujet » fonctionne de manière indépendante. Cela rompt d’ailleurs avec les conventions classiques. Le sujet est répété plusieurs fois, mais de manière différente : plusieurs tons et hauteurs sont utilisés. A ce sujet qui démarre seul, s’ajoute plusieurs autres mélodies dites contre sujets. La fugue fonctionne en fait comme un canon : plusieurs voix se superposent. Si toutes ces lignes mélodiques ont leur propre identité, évolution et liberté, celles-ci ne peuvent pas vivre sans une harmonie. La fugue est par essence polyphonique : elle combine plusieurs mélodies pour en faire une œuvre harmonieuse.

La « liberté » des notes de musique se retrouve particulièrement dans le chef d’œuvre de Bach car sa partition est jouable de manières différentes, c’est-à-dire qu’on peut la lire de gauche à droite, de haut en bas, mais aussi à l’envers ! A la manière de Gide et ses personnages, Bach laisse ses notes évoluer, gardant tout de même un lien entre chacune pour ne pas créer une œuvre anarchique. C’est cette idée de variations autour d’un même thème qui leur est commune, Gide dit d’ailleurs dans son Journal des Faux Monnayeurs que « les bobines vivantes que sont chacun de ses personnages enroulent leurs fils autour de l’intrigue ». S’ajoute à ce point commun cette superposition des voix chez Bach qui est celle des points de vue des personnages chez Gide. Pourtant malgré cette multiplicité, le fil directeur, l’harmonie ou l’intrigue sont conservés puisque chaque point de vue en révèle un bout. Il en est de même pour les pièces de fausse monnaie qui lient les relations entre les personnages dans le roman. Dans Les Faux Monnayeurs, le personnage d’Édouard s’oppose d’ailleurs à Mme Sophroniska, instituant un lien entre le génie de Bach et l’idée qu’il se fait d’un roman : un roman d’idées. La fin du roman nous donne un autre indice du lien qu’entretiennent les œuvres : Caloub est évoqué, ce prénom est l’anagramme de « boucla » une façon d’entretenir d’infinies possibilités à la manière de Bach. Nous terminons donc en constatant que le roman de Gide est une métaphore de l’art de la fugue. Amélie B et Camille C TL

 

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